Pierre Bécat et le régime de Vichy

Si, comme beaucoup de conservateurs et de monarchistes, Pierre Bécat voit d’un bon oeil certains aspects de la « Révolution nationale » dépeinte par le maréchal Pétain en 1940, il n’entretient cependant aucune illusion sur un système qui, malgré un espoir de sortie du parlementarisme, conserve beaucoup de travers de la République.

 

En relation directe avec les résistants Jacques Renouvin (1905-1944), l’un de ses meilleurs amis, et Pierre de Bénouville (1914-2001), il fournit même une cachette au premier lors de son passage en Roussillon.

Sur le plan politique, il ne donne pas de blanc-seing aux autorités et sa conduite est rapidement suspecte. Dès mai 1942, il est visé par un décret préfectoral considérant qu’il « déploie une activité de nature à troubler l’ordre public » et qui le condamne au confinement sur la commune de Maury (Pyrénées-Orientales). Voir illustration ci-dessus (document tiré des archives Bécat).

Gabrielle Bécat, son épouse, se démène alors pour obtenir l’annulation de ce décret. Elle se rend à Vichy où elle trouve, selon le témoignage de son fils, une bureaucratie décadente et pathétique. Elle réussira néanmoins à débloquer la situation.

Après la chute du régime de Vichy, en 1944, victime de dénonciations, Pierre Bécat est détenu un temps à Prades, comme beaucoup de royalistes ou de conservateurs accusés en réalité de délit d’opinion. À nouveau, son épouse intervient pour établir son innocence et le faire libérer, en réunissant des témoignages et des pièces pour son dossier.

C’est l’intervention d’un proche des Bécat, Me Jean-Marie Petit, et surtout de son frère Henri, célèbre résistant connu sous le nom de « Colonel Romans », chef du maquis de l’Ain et proche du général de Gaulle qui l’a fait compagnon de la Libération en juin 1944, que Pierre Bécat est libéré. Il ne sera jamais inquiété et recevra même la Légion d’Honneur.

Après la guerre, Pierre Bécat assistera au procès du maréchal Pétain et défendra plusieurs personnes jugées par la Haute Cour de Justice.

Au sujet du colonel Romans (1897-1980), lire sa biographie sur le site de l’Ordre de la Libération : https://www.ordredelaliberation.fr/fr/les-compagnons/753/henri-romans-petit

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