Lettres d’Henry Muchart de 1928 et 1930

Henry Muchart (1873-1954) est le fils de Benjamin Muchart, négociant à Arles-sur-Tech, et d’Antoinette Claret. Par ses deux grands-mères, il descend de deux vieilles familles du Vallespir : les Guardia et les Noëll. Avocat au barreau de Perpignan, il est de convictons royalistes, mais profondément légitimiste. C’est cependant surtout pour son activité de poète que Muchart est resté connu en Roussillon : il publie notamment, en 1913, Les fleurs de l’arbre de science chez Grasset, et en 1927 Le miel sauvage dans la Revue des poètes. L’un et l’autre sont distingués par le Prix de l’Académie française.

En 1928, comme on le voit dans cette lettre, Pierre Bécat dédicace La légende du peuple-roi à Henry Muchart, qui lui répond en faisant référence à leur différence d’opinions sur la question de l’héritier du trône. Cependant, la lettre fait aussi référence à une « hideuse affaire de lettres anonymes », impliquent Me Galinier, sur laquelle nous n’avons pas de détails mais qui est certainement à rapprocher du contexte difficile que traverse dans ces années-là l’Action française, et particulièrement en Roussillon.

La lettre de 1930, quant à elle, fait état d’un nouveau cadeau de livre, Sapho, sans que nous sachions exactement de quelle Sapho il s’agit (celle de Léon Daudet?).

23 avril 1928

31 mars 1930

Carte de visite

Lettre de René Mitjavile – 8 décembre 1930

René Mitjavile est issu d’une importante famille d’entrepreneurs en transport (spécialisés dans le transport de Vins) originaire de Cerdagne et basée à Cerbère. Cette famille est aussi de convictions royalistes. Il fut membre de la Société d’Archéologie et de différents cercles. On voit sa photographie sur le site suivant : https://www.commendemajeureroussillon.com/les-sorties/l-annee-1990/

Dans cette lettre à Pierre Bécat, il est question d’un congrès organisé en 1930 par l’Action française.

Echange de lettres entre Carlos de Lazerme et Pierre Bécat – avril 1932

En 1932, l’Action française, par le biais de M. de Lorgeril et de Pierre Bécat, proposa à Carlos de Lazerme (1873-1936), issu d’une célèbre famille perpignanaise, grand propriétaire terrien, poète et ami des intellectuels de son temps, de se présenter à la députation à Narbonne contre Léon Blum (sous l’étiquette « Union nationale et de défense viticole »).

Le fonds Lazerme des Archives départementales des Pyrénées-Orientales conserve la lettre originale de Pierre Bécat à Carlos de Lazerme datée du 16 avril 1932. Nous avons eu la chance de pouvoir la consulter et la reproduisons ci-dessous.

Voici comme suite la réponse de Carlos de Lazerme à Pierre Bécat, contenant un refus à la proposition faite par l’AF.

Napoléon et le destin de l’Europe

A l’occasion du bicentenaire de la mort de Napoléon Ier, nous vous proposons de redécouvrir cet ouvrage de Pierre Bécat paru en 1969. Il est le résultat d’une longue réflexion, arrivée à maturation, sur la signification réelle de l’épopée napoléonienne à la fois dans l’histoire globale de l’Europe – y compris la plus contemporaine – et plus simplement encore dans la pensée conservatrice.

Reprenant la pensée et les témoignages de très nombreux auteurs que P. Bécat a fréquentés au plus près (Las Cases, mémoires du général Gourgaud, et aussi des sources anglaises), il en tire ses propres conclusions et se livre à une interprétation politique tout à fait personnelle. Les admirateurs de l’empereur seront sans doute choqués par la dureté de son jugement : pour ce monarchiste convaincu, ce fut une France dévastée et honnie par le monde que Louis XVIII trouva à son couronnement, pays qui ne dut son salut qu’à cette restauration monarchique. L’empereur, par sa mégalomanie et son bellicisme, préfigurait, lit-on, un cycle de guerres ignobles et injustes qui devait culminer avec la Seconde guerre mondiale.

Ne nous y trompons pas : sous le faux-semblant des ors des palais et de la gloire des champs de bataille, Bonaparte ne serait jamais qu’un usurpateur, et son titre d’empereur, une insulte pour les véritables monarques qui firent la France.

On trouvera ici les trois dernières pages de cet ouvrage, qui résument l’essentiel de cette pensée.