Lettre d’Antoine Barrère, 20 février 1930

Antoine Barrère (1873-1958), issu d’une vieille famille de propriétaires terriens de Bages, est le fils aîné de Jean Barrère et d’Antoinette Chichet. Il possède le domaine de l’Etang à Villeneuve-de-la-Raho (aujourd’hui remplacé par le lac de cette commune). Lié à l’Action française, il évoque dans cette lettre à Pierre Bécat l’actualité en Espagne, les articles de Maurras, le comte de Vesins et le retour de Léon Daudet.

Roussillonnais d’Action française

Pierre Bécat entretient des liens étroits avec la région roussillonnaise dès les années 1920, au tout début de son engagement à l’Action française. Dès 1923, il écrit dans le journal royaliste local, Le Roussillon, et il fréquente toutes les figures importantes de ce courant politique dans le département. C’est là qu’il rencontre son épouse Gabrielle Rotgé et l’épouse, en 1927.

Son activité politique est trépidante dans ces années-là. Très marqué, comme ses confrères, par la condamnation de l’Action française par Pie XI en 1926, il entretient une correspondance fournie avec de nombreuses figures royalistes du Midi, et en particulier du Roussillon, à l’occasion des polémiques constantes qui secouent ces cercles.

Les archives personnelles de Pierre Bécat, récemment déposées aux Archives départementales de l’Hérault, conservent une quarantaine de lettres de Roussillonnais entre 1927 et 1937, ainsi que des lettres à des personnalités extérieures concernant le Roussillon. Nous vous proposons de découvrir ici les lettres qui, parmi cette correspondance, abordent la politique et donnent des renseignements intéressants sur la vie locale de ces années-là.

Nous publierons cette correspondance progressivement. Voici d’ores et déjà la liste des correspondants, qui donnera accès aux pages concernées, à mesure qu’elles seront mises en ligne (elle sera mise en tête une fois la publication terminée) :

BARRERE, Antoine
CASTELBERT, Alban
ESTEVE de BOSCH, Antoine d’
GALINIER, H.
JONQUERES, Henry
LACROIX, Charles de
LACROIX, Guy de
LAZERME, Carlos de
LLOBET, Abbé
MITJAVILE, René
MUCHART, Henry
RIPOUILL, Joseph
ROUSSILLON, Charles
SAUTES, M.
VESINS, Bernard de LEVEZOU de
VIDAL, Albert

Napoléon et le destin de l’Europe

A l’occasion du bicentenaire de la mort de Napoléon Ier, nous vous proposons de redécouvrir cet ouvrage de Pierre Bécat paru en 1969. Il est le résultat d’une longue réflexion, arrivée à maturation, sur la signification réelle de l’épopée napoléonienne à la fois dans l’histoire globale de l’Europe – y compris la plus contemporaine – et plus simplement encore dans la pensée conservatrice.

Reprenant la pensée et les témoignages de très nombreux auteurs que P. Bécat a fréquentés au plus près (Las Cases, mémoires du général Gourgaud, et aussi des sources anglaises), il en tire ses propres conclusions et se livre à une interprétation politique tout à fait personnelle. Les admirateurs de l’empereur seront sans doute choqués par la dureté de son jugement : pour ce monarchiste convaincu, ce fut une France dévastée et honnie par le monde que Louis XVIII trouva à son couronnement, pays qui ne dut son salut qu’à cette restauration monarchique. L’empereur, par sa mégalomanie et son bellicisme, préfigurait, lit-on, un cycle de guerres ignobles et injustes qui devait culminer avec la Seconde guerre mondiale.

Ne nous y trompons pas : sous le faux-semblant des ors des palais et de la gloire des champs de bataille, Bonaparte ne serait jamais qu’un usurpateur, et son titre d’empereur, une insulte pour les véritables monarques qui firent la France.

On trouvera ici les trois dernières pages de cet ouvrage, qui résument l’essentiel de cette pensée.