Antoine Barrère (1873-1958), issu d’une vieille famille de propriétaires terriens de Bages, est le fils aîné de Jean Barrère et d’Antoinette Chichet. Il possède le domaine de l’Etang à Villeneuve-de-la-Raho (aujourd’hui remplacé par le lac de cette commune). Lié à l’Action française, il évoque dans cette lettre à Pierre Bécat l’actualité en Espagne, les articles de Maurras, le comte de Vesins et le retour de Léon Daudet.
Germaniste distingué autant que latiniste, passionné par le romantisme allemand, Pierre Bécat ne se limitait pas aux études politiques, mais publiait également des essais littéraires. Comme on le verra dans sa biographie écrite par Robert Lapassat, il a notamment laissé, dans la revue Conflent des articles consacrés à Germaine de Staël et Benjamin Constant ou à l’essor du romantisme allemand, entre autres.
Nous vous proposons ici de découvrir un manuscrit de sa plume intitulé « Romantisme et révolution », daté des années 1930, dans lequel il examine de façon approfondie les liens complexes entre littérature et politique.
A l’occasion du bicentenaire de la mort de Napoléon Ier, nous vous proposons de redécouvrir cet ouvrage de Pierre Bécat paru en 1969. Il est le résultat d’une longue réflexion, arrivée à maturation, sur la signification réelle de l’épopée napoléonienne à la fois dans l’histoire globale de l’Europe – y compris la plus contemporaine – et plus simplement encore dans la pensée conservatrice.
Reprenant la pensée et les témoignages de très nombreux auteurs que P. Bécat a fréquentés au plus près (Las Cases, mémoires du général Gourgaud, et aussi des sources anglaises), il en tire ses propres conclusions et se livre à une interprétation politique tout à fait personnelle. Les admirateurs de l’empereur seront sans doute choqués par la dureté de son jugement : pour ce monarchiste convaincu, ce fut une France dévastée et honnie par le monde que Louis XVIII trouva à son couronnement, pays qui ne dut son salut qu’à cette restauration monarchique. L’empereur, par sa mégalomanie et son bellicisme, préfigurait, lit-on, un cycle de guerres ignobles et injustes qui devait culminer avec la Seconde guerre mondiale.
Ne nous y trompons pas : sous le faux-semblant des ors des palais et de la gloire des champs de bataille, Bonaparte ne serait jamais qu’un usurpateur, et son titre d’empereur, une insulte pour les véritables monarques qui firent la France.
On trouvera ici les trois dernières pages de cet ouvrage, qui résument l’essentiel de cette pensée.
Manuscrit d’article de Pierre Bécat. Nous n’avons pas réussi à déterminer si cet article avait été publié ou s’il était inédit. N’hésitez pas à nous signaler si vous trouvez la publication dans laquelle il se trouve.
Conférence organisée par le groupe de Dames Royalistes et d’Action Française de Colombes en réaction aux récents événements de février 1934, comme le montre cette invitation éditée par le groupe en question.
La publication du livre « Henri V et les féodaux », dont la genèse a été relatée par André Bécat, entraîna de nombreuses réactions tant le sujet en était polémique : il tendait notamment à attribuer une bonne partie de la responsabilité de l’échec de la restauration monarchique du comte de Chambord à l’attitude d’un groupe de ducs désireux de sauvegarder leurs intérêts personnels et dont l’action permit à la République de s’installer.
L’un des lecteurs les plus fidèles de Pierre Bécat, le duc Antoine de Lévis Mirepoix (1884-1981), lui fit d’élogieux commentaires dans trois lettres de 1977 conservées dans les archives Bécat. Nous vous laissons apprécier la graphie toute particulière de cet illustre homme de lettres, membre de l’Académie Française
Lettre du 10 juin 1977Lettre du 30 juin 1977Lettre de juillet 1977
Nous ignorons si cet article non daté, dont nous conservons le brouillon dans les archives Bécat, fut publié dans une revue. Son état d’aboutissement tend à faire pencher vers l’affirmative. Il nous pousse aussi à le publier aujourd’hui sur ce site.
Dans ce texte, Pierre Bécat analyse la différence fondamentale entre les inégalités de situation sous l’Ancien régime et celles dans la société capitaliste et étudie les solutions qu’une monarchie permettrait de mettre en place pour reconstituer une société juste. Écrit dans les années 1970 (il comporte une référence à Pierre Messmer semble-t-il en campagne, donc peut-être en vue des élections de 1974), il est cependant d’une brûlante actualité : ne dit-on pas qu’1 % des ménages les plus riches possèdent 31 % du patrimoine financier total des Français?
Le 24 janvier 1934, Pierre Bécat écrit à son maître Charles Maurras une lettre dont on conserve un brouillon dans les archives familiales. Il lui signale tout d’abord qu’il vient d’être convoqué à Bruxelles par le comte de Paris, où il s’apprête à se rendre. Il évoque ensuite des dissensions qu’il rencontre avec d’autres membres de l’Action française, notamment Georges Calzant (1896-1962), à qui il reproche d’avoir éventé une provocation en duel tenue secrète. Au-delà de cette affaire d’apparence personnelle, on voit que Pierre Bécat commence à s’éloigner de l’Action française. Les événements de l’année 1934 ne feront que confirmer cette tendance : déçu par l’échec du renversement de la République en février et par les atermoiements de Maurras, après plusieurs années de collaboration, il cessera définitivement ses relations avec la ligue et ses relations avec les princes sera couronnée par sa désignation comme conférencier officiel.
En 1928, dans le cadre de la querelle entre l’Action française et l’Eglise, le journal royaliste L’Eclair de Montpellier, dans lequel Pierre Bécat avait beaucoup écrit, traverse d’importantes difficultés. Pierre Bécat réagit vivement dans le journal La Gazette de l’Hérault par un article en une publié dans son numéro du 5 août 1928.