Tournée en Algérie (1936)

Fin 1936, Pierre Bécat se rendit en Algérie avec son épouse pour une tournée de conférences d’un mois, alors qu’il était conférencier officiel du comte de Paris. Le 13 décembre, à l’invitation de l’Union Nationale et Sociale d’Alger, il fit une intervention remarquée à l’Empire-Cinéma. Intitulée « La Corporation et le Régime Corporatif », cette conférence permit à l’orateur de revenir sur les travers de la politique du moment, non sans humour. Parmi l’auditoire, M. Rozis, maire d’Alger, de nombreux membres du conseil municipal, le Bâtonnier…

Voici le compte-rendu qu’en donne le journal Tricolore d’Alger (19/12/1936) :

Crédits : Bibliothèque nationale de France (Gallica)

1926 – Pierre Bécat en tournée de conférences dans le sud de la France pour l’Action française

Comme cela a été expliqué par ailleurs dans ces pages, dans les années 1920 Pierre Bécat travailla comme conférencier de l’Action française, en compagnie de son ami Delest, et déploya spécialement ses efforts dans le sud de la France. Cette lettre très vivante est un témoin de l’organisation de ces tournées, en lien avec J.-A. Brunel, responsable du secrétariat régional de la Xe Zone de l’AF (Lozère, Vaucluse, Hautes-Alpes, Basses-Alpes, Bouches-du-Rhône, Var, Alpes-Maritimes, Corse, tous départements dans lequel Pierre Bécat entretenait de nombreux contacts. Il y est question de la préparation d’une conférence à Bédoin (Vaucluse). Autre élément intéressant : y est mentionnée l’intention de Charles Maurras de se rendre à Pignan pour saluer la tombe de Marcel Azaïs.

Novembre 1938 – Un mot de Léon Blum

L’antagonisme entre l’Action française de Charles Maurras et Léon Blum, président du Conseil des Ministres du 4 juin 1936 au 21 juin 1937 et du 13 mars au 10 avril 1938, est connu de tous. Cependant, comme le rapporte son fils, Pierre Bécat, ancien membre de l’AF et proche de Maurras, entretenait de bonnes relations personnelles avec Blum. L’année 1938 fut un dur millésime pour Blum, tant sur le plan politique que personnel. En effet, il perdit se seconde épouse en juillet. Les archives de Pierre Bécat conservent un mot de remerciement personnel écrit par l’homme politique. Malheureusement, nous ignorons l’occasion exacte par laquelle il a été motivé. Il n’est pas impossible que l’éloignement de P. Bécat de l’AF lui ait permis une certaine indépendance de vues, permettant une relation cordiale avec celui que la ligue considérait comme son ennemi mortel.

Le Cercle de Sèze, années 1930

Le Cercle de Sèze fut fondé à Paris dans les années 1930 par l’avocat Pierre Xardel, célébrant le nom de l’avocat de Louis XVI, et rassemblant des avocats proches du royalisme, mais n’appartenant pas tout à l’Action française. Pierre Bécat en fut l’un des premiers membres, ainsi que son ami Jacques Renouvin.

Invitation à un dîner organisé par le Cercle de Sèze en 1934

P. Bécat et la création du quartier des « Castors » à Prades

P. Bécat vendit dans les années 1950 un des terrains de Prades de son épouse, née Rotgé, au groupe des « Castors » qui avaient le projet d’édifier le quartier du même nom.

Une vidéo de 2009, avec notamment l’intervention de Jeanne Camps, chroniqueuse et historienne pradéenne, explique l’histoire de ce quartier, et le rôle de P. Bécat, favorable à sa création.

Selon le Maitron (biographie de Robert Lapassat, ami de P. Bécat et habitant des « Castors ») :

Robert Lapassat fit construire sa maison dans le lotissement des « Castors » dont la réalisation débuta en 1957. Cette cité ouvrière d’ « autoconstruction » se rattachait à un mouvement qui prit son essor dans les années 1950. Elle fut, à Prades, une entreprise exemplaire qui laissa des traces profondes dans la mémoire populaire.

1933. Pierre Bécat provoque Maurice Garçon en duel

Maurice Garçon (1889-1967) est un célèbre avocat parisien originaire de Lille. Inscrit au barreau de Paris en 1911, il entretint, comme Pierre Bécat, de nombreux liens avec les milieux ésotériques de la capitale. Dans les années 1930, il est déjà l’un des ténors du barreau, connu pour avoir défendu Louise Landy, accusée du meurtre de son mari Paul Grappe, ancien déserteur travesti en femme pendant dix ans, ou encore le romancier Georges Simenon.

Le 10 juillet 1933, au cours d’une plaidoirie dans un procès qui l’oppose à Pierre Bécat, Maurice Garçon prononce des paroles que ce dernier juge offensantes. Il lui envoie ses témoins, les avocats Alphonse Joffre et Pierre Xardel. Maurice Garçon choisit les siens : Georges Claretie et Jacques Mourier. Cependant, un arrangement intervient sous l’arbitrage du bâtonnier et le duel n’a pas lieu. Maurice Garçon renonce alors spontanément à défendre son client.

Nous publions ici plusieurs documents tirés des archives de Pierre Bécat relatifs à cet incident : une coupure de presse, le procès-verbal et une lettre de Pierre Xardel, auteur du procès-verbal.

Pierre Bécat et le régime de Vichy

Si, comme beaucoup de conservateurs et de monarchistes, Pierre Bécat voit d’un bon oeil certains aspects de la « Révolution nationale » dépeinte par le maréchal Pétain en 1940, il n’entretient cependant aucune illusion sur un système qui, malgré un espoir de sortie du parlementarisme, conserve beaucoup de travers de la République.

 

En relation directe avec les résistants Jacques Renouvin (1905-1944), l’un de ses meilleurs amis, et Pierre de Bénouville (1914-2001), il fournit même une cachette au premier lors de son passage en Roussillon.

Sur le plan politique, il ne donne pas de blanc-seing aux autorités et sa conduite est rapidement suspecte. Dès mai 1942, il est visé par un décret préfectoral considérant qu’il « déploie une activité de nature à troubler l’ordre public » et qui le condamne au confinement sur la commune de Maury (Pyrénées-Orientales). Voir illustration ci-dessus (document tiré des archives Bécat).

Gabrielle Bécat, son épouse, se démène alors pour obtenir l’annulation de ce décret. Elle se rend à Vichy où elle trouve, selon le témoignage de son fils, une bureaucratie décadente et pathétique. Elle réussira néanmoins à débloquer la situation.

Après la chute du régime de Vichy, en 1944, victime de dénonciations, Pierre Bécat est détenu un temps à Prades, comme beaucoup de royalistes ou de conservateurs accusés en réalité de délit d’opinion. À nouveau, son épouse intervient pour établir son innocence et le faire libérer, en réunissant des témoignages et des pièces pour son dossier.

C’est l’intervention d’un proche des Bécat, Me Jean-Marie Petit, et surtout de son frère Henri, célèbre résistant connu sous le nom de « Colonel Romans », chef du maquis de l’Ain et proche du général de Gaulle qui l’a fait compagnon de la Libération en juin 1944, que Pierre Bécat est libéré. Il ne sera jamais inquiété et recevra même la Légion d’Honneur.

Après la guerre, Pierre Bécat assistera au procès du maréchal Pétain et défendra plusieurs personnes jugées par la Haute Cour de Justice.

Au sujet du colonel Romans (1897-1980), lire sa biographie sur le site de l’Ordre de la Libération : https://www.ordredelaliberation.fr/fr/les-compagnons/753/henri-romans-petit